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Jean-Pierre Mot
Un essaie sur l’épistémologie mythologique de la figure d’un homme, à travers son incarcération de 1975 à 1979, durant le génocide cambodgien

Le cas biographique de Kaing Guek Eav aka, l’infâme Camarade Duch, et les mémoires sonores de la prison Tuol Sleng (S-21) capté par le peintre Vann Nath (1946-2011)

L’essai questionne l’imaginaire symbolique issu du souvenir sonore à l’analyse d’une forme de théâtralité où les protagonistes se soumettent au jeu de l’incarnation des textes canoniques. Dans ce théâtre morbide du génocide cambodgien, Kaing Guek Eav joue le rôle de Yama où les échos de S-21 résonnent en diapason avec l’ambiance du royaume des morts des textes védiques.

Durant le génocide cambodgien, Kaing Guek Eav, mieux connu sous son nom de guerre de « camarade Duch », interrogeait les prisonniers du camp S-21 et avait la responsabilité de déterminer le nombre de jours avant qu’une personne ne disparaisse anonymement dans les brouillards des fameuses « killings fields » de Choung Ek. Duch avait la tâche d’éliminer les âmes, à la suite d’un interrogatoire, jugées de facto coupables de crimes contre le régime de Pol Pot.

Certains, comme le peintre Vann Nath, furent épargnés afin de créer des œuvres et des portraits glorifiant le régime communiste durant son séjour à S-21. Après la guerre, Vann Nath entreprit de peindre des toiles montrant les atrocités dont il avait entendu parler ou qu’il avait vues de ses propres yeux.

D’après Vann Nath, qui était isolé dans sa cellule, en plus de l’odeur de la mort qui régnait au camp S-21, les gémissements et les cris d’effroi étaient supplantés par les claquements de fouet dans l’enceinte de la prison. Sans jamais peindre le camarade Duch dans ses toiles, Vann Nath transformait Kaing Guek Eav en une figure omniprésente par son silence tirant les ficelles des ces soldats et de ces prisonniers anonymes, tel Yama le dieu du royaume des morts des textes védiques. Kaing Guek Eav semble avoir reproduit, par l’ambiance qu’il faisait régner à S-21, les supplices que les démons infligent aux hommes sur les bas-reliefs du temple d’Angkor Wat.

Jean-Pierre Mot est un artiste transdisciplinaire œuvrant à Montréal qui s’intéresse autant à la philosophie appliquée à l’étude de l’imaginaire épistémique dans un contexte socio-symbolique et les qu’aux arts visuels. Il détient un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM (2009) et termine à la même université une maîtrise en communication. Ses activités professionnelles oscillent entre les expositions, les performances, les projections vidéos ainsi que les exposés académiques sur les politiques internationales.

Intéressé par l’électromécanique interactive en arts visuels, il occupe présentement des postes d’auxiliaire d’enseignement et d’assistant de recherche à l’École des arts visuels et médiatiques pour le laboratoire de système actif et robotique de l’UQAM depuis 2008. Depuis la fin de son baccalauréat, ses projets ont été présentés au Québec, en Islande et aux États-Unis. Il a aussi été récipiendaire d’une bourse de recherche/création du Conseil des arts et des lettres du Québec/Vivacité Montréal en 2011-2012 pour son projet Jeux & Je.

 

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