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Émilie Houssa
L’entre-deux historique : Le Beau danger

Écrire la parole tue. Vient de paraître aux Éditions Seuil-EHESS Le Beau danger, un entretien entre Michel Foucault et Claude Bonnefoy, qui a eu lieu en 1968 et dont Foucault avait interdit la publication. Suite à sa mort en 1984 et à la publication de Dits et Écrits en 1995 reprenant ses conférences, interventions radiophoniques ou publiques, après le lancement de la publication de ses cours au Collège de France à partir de 1997, Philippe Artière décide en 2011, avec l’autorisation de la famille de Foucault, de faire paraître la première partie de cet entretien à propos de l’écrire, dans lequel Foucault parle de sa parole. « Parler pour Foucault, c’était s’inscrire ou non dans un ordre des discours, mais c’était également problématiser dans le geste même cette pratique », écrit Philippe Artière. Jusqu’où conserver l’immatérialité du dit? Jusqu’où transcrire? Pourquoi transcrire? Ce texte nous plonge dans la pensée-geste de Foucault, il archive son action mais aussi le pourquoi de son action, le pourquoi de son impact toujours aussi actuel. Cette archive oubliée, interdite, effacée (nous n’avons plus les bandes de cet entretien) devient aujourd’hui essentiel pour entrer dans la pensée de Foucault et son impact politique. Cette archive est d’autant plus importante qu’elle a été oubliée et que s’inscrit ainsi un temps entre sa production et sa diffusion. Ce temps est histoire.
L’archive est toujours immatérielle, comme l’a montré Foucault, et avant lui Walter Benjamin. C’est avant tout la décision d’un État, d’une communauté qui choisit de garder, d’oublier, de transmettre, de détruire. L’archive repose sur une décision, et cette décision s’applique à des documents – sonores, visuels, textuels – qui ne sont que le résultat visible d’un entre-deux : entre production et diffusion, entre production et réception. Penser l’immatérialité de l’archive permet de réfléchir à l’historiographie même. À travers l’investissement (tant pratique que théorique) du Beau danger nous est donnée la possibilité de mettre en relief le dire de l’histoire : ce que l’histoire nous dit et ce que nous disons par elle.

Emilie Houssa détient une maîtrise et un DEA (Master 2) en Histoire de l'art, Histoire et Patrimoine du cinéma de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne sous la direction de Nicole Brenez. Elle a complété un doctorat en études et pratiques des arts à l'UQAM sous la direction de Joanne Lalonde et Sylvie Fortin. En parallèle de ses études, elle participe à de nombreux colloques, groupes de recherche, groupes de lecture et comités de rédaction. Elle a également contribué, entre autres, aux revues de cinéma Vertigo et Split Screen , à la revue d'art contemporain 2.0.1 et à plusieurs ouvrages collectifs comme Le Cinéma critique, de l'argentique au numérique, voies et formes de l'objection visuelle , sous la direction de Nicole Brenez et Bidhan Jacobs, à paraître aux Presses Universitaires de la Sorbonne.

Jumelée avec l’artiste

Véronique Béland

Artiste multidisciplinaire travaillant principalement dans les domaines du son, de la photographie et de la littérature, elle s’intéresse plus particulièrement à la matérialisation des formes textuelles dans l’œuvre visuelle. Sa pratique vise, entre autres, à souligner nos différentes façons de vivre avec les souvenirs et à comprendre la construction identitaire qui puisse en découler : elle interroge ainsi l’écart entre le banal et le singulier, entre soi et l’autre.

 

Colloque_2012

 

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